Après Madeleine

1. J’ai aimé entendre parler et vivre un cadre « tenu » dans le contexte d’un atelier pour contacteurs, parce que j’ai l’impression que le monde anarchiste et libertaire (c’est vrai ça ?) du contact improvisation garde souvent ses distances avec cette idée de « tenue ». (Spontanément j’aurais tendance à dire que ça se voit aussi dans les postures des contacteurs mais peut-être que j’extrapole.)

Je viens de la danse classique et j’enseigne dans les écoles publiques françaises, des milieux où les notions de groupe, de rythme commun, de règle, de cadre, de discipline, d’autorité sont monnaie courante. Ce sont des choses que je trouve assez coûtantes à tenir et pas simples à manier, mais que je tente malgré tout d’offrir à mes élèves dans la mesure et dans les situations où j’ai l’impression que ça les soutient. Quand j’ai l’occasion d’être élève, ce sont aussi des choses que j’apprécie me voir proposer.

J’ai été intéressée par les propositions de Madeleine d’exploration et de jeu avec le hors-cadre, parce que ça m’a permis d’interroger la distinction que je faisais entre cadre et norme (observation et jugement ?). Et je ne trouve effectivement pas si simple de faire en sorte que ces deux notions ne se superposent pas, quelle que soit la place que j’occupe. D’ailleurs, peut-être que je me trompe, mais j’ai l’impression que souvent, dans l’univers du contact improvisation, la difficulté de cette distinction est balayée avec celle de cadre…

Bon, j’écris sans doute plein d’approximations, mais l’intervention de Madeleine a joyeusement réchauffé des questionnements que je prends habituellement peu le temps de définir (mais qui m’habitent malgré tout, à force de passer d’un monde à un autre).

Est-ce que je pourrais résumer ça par : limite et (et pas ou) liberté ?…

(Est-ce que l’underscore se pose justement ce genre de questions ?

2. Une autre chose qui m’a frappée jeudi dernier, c’est la manière dont Madeleine nous a guidés verbalement. J’ai cru y voir un certain nombre d’éléments d’induction d’hypnose, mais je n’en suis pas experte… : confusion (consignes fluctuantes), double contrainte (proposition de sortir du cadre et injonction d’y rester), narration. Je me suis demandé s’ils étaient employés à dessein.
Je me suis aussi demandé si cette manière de travailler s’était construite en relation avec le public habituel de Madeleine, à savoir des personnes schizophrènes.

3. (qui reparle un peu du 1) J’ai aimé utiliser le rythme. Celui dont on se sert pour se relier. J’ai été surprise de redécouvrir à quel point ça me portait de partager un rythme. A quel point c’est instinctuel aussi.

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